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Sunca freine : industrie paralysée et tensions au sein des conseils des salaires

Après 90 jours sans convention collective, le Syndicat de la construction durcit sa position. Il y aura des assemblées, les heures supplémentaires seront supprimées et une mobilisation massive sera préparée pour le mois prochain.

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Ouvriers de la construction sur un chantier de construction travaillant à Montevideo.
Marche des travailleurs de Sunca dans les rues de Montevideo.
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Auteur : Roy Rodriquez Par Roy Rodriquez

L’ambiance dans les travaux n’est pas la même que d’habitude. Dans les ateliers, en prenant un café en milieu de matinée ou en discutant au bord de l'échafaudage, le problème n'est qu'un seul : l'absence d'avancées dans les négociations salariales. Ce mardi, le Syndicat unique national de la construction et des annexes (Sunca) a confirmé ce qui se préparait en coulisses : une grève nationale de toute l'industrie pour le 1er juillet prochain. Cette décision n'est pas une surprise, mais plutôt l'aboutissement de trois mois de frustration accumulée à une table de négociations qui, selon les dirigeants, est quasiment dans l'impasse.

"Cinq réunions se sont déjà écoulées, atteignant près de 90 jours sans convention collective", ont-ils licencié depuis le Comité exécutif national du syndicat. Les données sont éloquentes. Pour le travailleur qui expose chaque jour son corps au soleil ou au froid, le temps presse et l'incertitude sur ses conditions de travail commence à peser plus que le ciment qu'il porte sur son dos.

De l'échafaudage à la rue : le plan de combat

Il n'y a pas que le chômage. Sunca a activé un « plan tortue » qui se ressent déjà dans le rythme des travaux. À partir de ce moment, les heures supplémentaires sont suspendues et la possibilité d’accepter des changements d’horaires est supprimée, une mesure qui cherche à faire preuve de force à un moment critique. Pendant ce temps, des assemblées non coordonnées et des plénières de zone commencent à se reproduire, transformant le paysage des œuvres en espaces de débat constant sur l'avenir du secteur.

Dans les quartiers, les brigades d'information diffusent déjà le message. Le slogan est clair : « Dans ces conseils salariaux, faisons bouger les choses ». Le ton du communiqué, au-delà de la formalité syndicale, est celui d'un épuisement qui ne permet plus d'attendre. Le gouvernement et les chambres de commerce ont désormais moins de deux semaines pour débloquer une négociation qui semble avoir atteint un point de non-retour.

Le poids d’une industrie clé

La construction en Uruguay n’est pas n’importe quel secteur. C’est le moteur qui fait bouger des milliers de familles et l’une des références les plus claires sur le thermomètre de l’économie réelle. Une grève nationale de Sunca n’est pas seulement un conflit de bureau ; Cela se traduit par des grues arrêtées, des délais de livraison allongés et un signal d’alarme qui traverse tout le spectre politique.

Le syndicat a précisé que chaque département aura la clé pour définir la manière dont seront mis en œuvre les calendriers de grève au 1er juillet. Cela signifie que la mesure sera peut-être disparate sur le territoire, mais l'impact sera massif. Pendant que les délégués syndicaux parcourent les chantiers avec le document en main, les contremaîtres et les hommes d'affaires voient avec inquiétude s'effondrer la possibilité d'une solution négociée à court terme.

Une impulsion sans marge d'erreur

La question qui reste est de savoir dans quelle mesure les partis résisteront. Le gouvernement, coincé dans une négociation qui devient incontrôlable, sait qu'un arrêt total des constructions en plein hiver n'est pas un bon signe politique. De son côté, Sunca, avec son pouvoir de mobilisation historique, a déjà montré qu'elle n'avait pas peur de tout mettre en œuvre si elle sentait que la convention collective était rejetée.

Le 1er juillet apparaît sur le calendrier comme une échéance, une ligne rouge que le syndicat a tracée sur la table. Pour le travailleur, l’objectif est clair : récupérer le terrain perdu. Pour les entreprises, le carrefour est le coût. Entre eux, le pays se prépare à une journée qui, loin d'être une journée de travail normale, sera une démonstration de force qui se fera sentir dans tous les coins du territoire national.


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